Accueil > L'Europe vue par... > Janusz Lewandowski

There are no translations available.  
Print
L'Europe vue par...

Janusz Lewandowski

 

Commissaire européen responsable pour la Programmation financière et le Budget

Interview de Janusz Lewandowski pour la Newsletter de la Maison de l'Europe Bordeaux-Aquitaine

1) Les 20 et 21 octobre a eu lieu à Bruxelles une conférence sur le cadre financier pluriannuel. Quelles sont, selon vous, les grandes lignes pour 2014 - 2020 ?

Notre proposition pour le prochain cadre financier repose un axe principal: investir dans les domaines où le budget de l'UE est l'outil le plus approprié, c'est-à-dire dans la croissance économique durable, l'emploi, l'enseignement et l'infrastructure. L'Europe traverse une période difficile, de nombreux Etats Membres sont contraints à prendre des mesures d'austérité, dès lors le budget européen doit prendre en compte cette situation, tout en investissant dans la reprise économique.

Ainsi nous proposons un fond d'interconnexion ("Connecting Europe Facility") visant à établir des réseaux paneuropéens en matière de transport, d'énergie et d'Internet. Ce fond, financé à hauteur de €50 milliards, doit éliminer les goulets d'étranglement et les ilots isolés: à ce jour il existe 7 différentes largeur de rails en Europe et à peine 20 des plus grands aéroports européens sont reliés au rail, ce n'est pas sensé…

Nous proposons aussi que tous les fonds structurels soient dans un cadre stratégique commun et que les projets à financer par l'UE soient cohérents avec la stratégie Europe 2020 adoptée par les Etats Membres. Si Europe 2020 constitue la route à suivre pour les années à venir, le budget de l'UE doit en être le carburant obligé.

En ce qui concerne l'agriculture, la principale nouveauté réside dans l'obligation que 30% des aides directes aux agriculteurs devront aller à des mesures de protection de l'environnement. Enfin, en termes de fonctionnement interne, nous proposons une réduction de 5% du personnel des institutions d'ici 2020 tout en augmentant le nombre d'heures de travail pour le même salaire. Les institutions européennes ne peuvent en effet pas donner l'impression que la crise ne les affecte pas.

2) Votre proposition de créer une taxe sur les transactions financières (TTF) n'a pas provoqué de réactions positives unanimes. Pourquoi cette proposition?

Quelque 80% du budget européen provient des contributions des Etats Membres; c'est une situation qui n'a jamais été souhaitée par qui que ce soit et qui déplait à de nombreux Etats Membres; dès lors nous avons voulu trouver un moyen de réduire leurs contributions au budget UE par le biais de nouvelles ressources propres. Il se fait que le Conseil et le Parlement européen ont tous deux demandé à la Commission d'étudier l'option de la taxe financière, d'une part pour harmoniser cette taxation au sein de l'UE, d'autre part pour obtenir une juste contribution du secteur banquier aux problèmes financiers actuels. Cette taxe ne frappera pas le contribuable européen; par transaction financière nous entendons uniquement les produits financiers échangés sur les places bancaires. Dix Etats Membres ont déjà une telle taxe sous une forme ou une autre, y compris le Royaume Uni; si leurs taxes nationales n'ont pas provoqué des délocalisations, je ne vois pas pourquoi celle que nous proposons, à un taux extrêmement bas, entre 0,1% et 0,01%, devrait le faire. Une telle taxe pourrait générer €40 milliards par an dans l'UE…

3) Pour finir pensez-vous que la présidence polonaise de l'UE est sous le signe de "l'europtimisme" ?  

Absolument, le terme est adéquat, et ce pour de bonnes raisons! Nous assistons au "miracle polonais": alors que la plupart des pays de l'Union européenne se débattent dans des problèmes économiques graves, la Pologne tire son épingle du jeu, notre économie est très saine. La Pologne est une exception de nos jours, un îlot d'optimisme au milieu du pessimisme ambiant. Le pays est dynamique, il gère bien les fonds européens qui lui permettent d'améliorer son infrastructure, il n'est pas écrasé par la dette souveraine et les Polonais voient l'avenir avec sérénité. La présidence polonaise a jusqu'à ce jour très bien géré les dossiers les plus délicats or ceux-ci étaient très délicats tels la crise de l'euro ou le prochain cadre financier.

 

Propos recueillis par Amalia Petaux-Pantano

 

A propos de Janusz Lewandowski...

Carrière politique

  • Depuis février 2010: Membre de la Commission Européenne responsable pour la Programmation financière etle Budget
  • Juillet 2009-février 2010: membre du Parlement européen, 7e législature (commission des budgets)
  • Janvier 2007-juillet 2009: membre du Parlement européen, 6e législature (commission des budgets – vice-président)
  • Juillet 2004-janvier 2007: membre du Parlement européen, 6e législature (commission des budgets – président)
  • Mai 2004-juillet 2004: membre du Parlement européen, 5e législature (commission de l'industrie, du commerce extérieur, de la recherche et de l'énergie)
  • Avril 2003-avril 2004: observateur au Parlement européen (commission de l'industrie, du commerce extérieur, de la recherche et de l'énergie)
  • Octobre 2001-juin 2004: membre du Parlement polonais, vice-président de la commission de l'intégration européenne
  • Septembre 1997-octobre 2001: membre du Parlement polonais, vice-président de la commission du trésor public et de la privatisation
  • Juillet 1992-octobre 1993: ministre de la privatisation
  • Novembre 1991-septembre 1993: membre du Parlement polonais, président de la commission de la privatisation (décembre 1991-juillet 1992)
  • Janvier 1991-décembre 1991: ministre de la privatisation
Carrière professionnelle
  • 1984-1991: Polish Ocean Lines et cabinet de conseil
  • 1974-1984: professeur associé en commerce international et transport maritime à l'université de Gdańsk
Autres activités
  • Depuis octobre 1993: président du conseil d'administration du Gdańsk Institute for Market Economics
Études
  • 1984: doctorat en économie, université de Gdańsk
  • 1974: maîtrise d'économie, université de Gdańsk
Langues
  • Polonais: langue maternelle
  • Anglais et allemand: connaissances approfondies
  • Français: connaissances de base
 Mairie de bordeauxla CUB de BordeauxR&aeacute;gion AquitaineUnion EuropeenneUniversité de Bordeaux